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1529 Table de caracteres Unicode
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518 LA MUSIQUE INDUSTRIELLE
QU’EST-CE QUE LA MUSIQUE INDUSTRIELLE ? Vous trouverez chez les disquaires bien achalandés un coin réservé aux albums d’ " indus ", souvent mélangés au gothique, à la cold ou encore aux indépendants. Les couleurs noire et grise dominent les pochettes et les noms des groupes sont souvent longs et imprononçables, à consonance allemande ou anglaise. Pour continuer dans le cliché, on peut décrire la musique industrielle comme un style basé sur des percussions métalliques qui martèlent, accompagnées de bruits agressifs souvent dissonants et de voix trafiquées, criées plus que chantées. En fait, l’indus est pour beaucoup une musique suspecte, appréciée par d’étranges mélomanes qui n’auraient pas compris que la musique moderne est faite pour distraire, pour danser ou encore adoucir les mœurs. Peu de gens savent en fait ce qu’est l’industriel à proprement parler. Pourtant ce style a été très productif et une partie de la musique actuelle s’en inspire. A la base, l’industriel est un mouvement de contestation sociale et artistique. Il rejette le contrôle de la musique populaire par les businessmen, les médias et tous les hommes de pouvoir. Son essor est marqué par la création d’Industrial Records, à Londres, à la fin des années 1970 par le groupe Throbbing Gristle. C’est un des premiers labels indépendants, une entreprise de production et de diffusion de cassettes audio et de 33 tours, qui laisse ses musiciens s’exprimer sans contrainte, ni censure, ni souci de rentabilité. Il développe une " stratégie de guérilla " contre les major company, ces entreprises qui soumettent la musique populaire aux lois du marché. Plus généralement, le mouvement industriel vomit l’industrie des loisirs orchestrée par les grands médias. Il cherche à faire réfléchir sur la propagande et le marketing, sur l’utilisation de l’art et des diverses techniques de communication pour convaincre et dominer. L’ambition est de créer une alternative à la culture de masse afin de lutter contre l’uniformisation des esprits. Pape de l’industriel, Genesis P-Orridge (alias Neil Megson) explique qu’au départ le but est de "savoir jusqu’où on pouvait métamorphoser et coller le son, présenter des sons complexes et non-divertissants dans une situation de culture populaire, afin de convaincre et de convertir. Nous voulions réinvestir la musique rock avec un contenu, une motivation et un risque. " Apparu en même temps que le punk, l’industriel se veut plus radical, plus réfléchi et surtout plus novateur en matière musicale. Il milite pour l’éclatement des codes musicaux qu’ils soient rock, jazz, classique ou pop. Recherchant l’imprévu, fuyant le formatage, il puise dans différents styles. Par ailleurs, de nouveaux instruments sont incorporés à la musique. Les membres d’Einstürzende Neubauten utilisent des perceuses, de l’eau, des tôles, ou même leurs dents pour produire des sons originaux. Dès le départ, les instruments électroniques ont été privilégiés : boites à rythme, synthétiseurs et les tout premiers échantillonneurs (sampleurs), dès le début des années 1980. Ces instruments électroniques aidant, l’indus a été produit par des non-musiciens et a développé la répétitivité (utilisation des séquenceurs). C’est dans ce sens que l’industriel est pour une bonne part à l’origine de la techno. L’industriel ne se limite pas au départ à un courant musical, c’est une tentative d’art total. Soit les musiciens indus sont des touches à tout en matière artistique (Genesis P-Orridge, Jim Thirlwell), soit ils collaborent fréquemment avec des cinéastes, des troupes de théâtre ou de danse contemporaine. Pour les disques, le graphisme des pochettes compte parfois autant que la musique elle-même. Dans toutes ses expressions artistiques, l’industriel recherche la provocation la plus radicale, le choc et la confusion. Les thèmes développés sont autant de tabous : le totalitarisme sous toutes ses formes (propagande, uniformes militaires, symboles païens, plus ou moins fascistes ou nazis) ; le sado-masochisme, bouffonnerie spectaculaire parodiant les rapports humains ; la mort. C’est un constat froid des horreurs du monde, l’irruption de la laideur sous toutes ses formes dans la musique populaire. Mais attention, l’humour, le sarcasme et le cynisme sont essentiels dans l’indus. L’ironie et l’ambiguïté sont fondatrices : la musique qui se proclame industrielle s’oppose à l’industrie de la musique et aux valeurs de la société industrielle. Les membres de Throbbing Gristle troquaient volontiers leurs uniformes pour des chemises hawaïennes, Current 93 s’est pris de passion pour le héros enfantin Oui-Oui (Noddy), Laibach a parodié pompeusement les Beatles, Clair Obscur a chanté les cours de la bourse, après avoir smurfé au goulag, et Foetus s’est fait connaître par une parodie de disco en l’honneur du marquis de Sade (avant Mylène Farmer !). Tous les musiciens qui se prétendent industriels mais s’expriment sans cette ironie fondatrice ou sans véritable recherche musicale utilisent le terme abusivement. Dès 1981, Throbbing Gristle se sépare. Genesis P-Orridge explique : " nous avons quitter un milieu envahi par des idées et des gens malsains, parce que ces gens ont choisi de ne pas comprendre ce que nous disions. C’est devenu une surenchère de provocation ". On a assisté en effet à une dérive et un appauvrissement musical. L’industriel est devenu un style parmi les autres. Comme tout mouvement contestataire, il a été récupérée ; à la fois par les médias et par des mouvements d’extrême droite. Ainsi on a pu entendre, dans des publicités télévisées, des percussions métalliques pour vanter les mérites de slips très masculins, ou bien des bruits de mécanique qui déraille sortant d’un autoradio, pour vendre une voiture à la mécanique irréprochable. Les liens avérés avec l’extrême-droite ne concernent que quelques uns : en particulier Boyd Rice (du groupe NON) et plusieurs pâles ersatz du groupe de folk industriel Death in June, englués dans une soupe européaniste nauséabonde, où se mêlent révolution conservatrice, paganisme nordique ou celtique, thèmes guerriers et romantisme noir. Ces connivences ont jeté le discrédit sur tout le mouvement industriel. C’est oublier que les artistes d’Industrial records refusaient de s’exprimer sur le terrain politique traditionnel, que des groupes se sont engagés à gauche (Test Dept), tandis que d’autres ont affirmé leur rejet de l’extrême-droite (Front 242). Beaucoup cependant répugnent à se justifier et continuent de jouer le jeu dangereux de la provocation fasciste. Il y a peu le groupe allemand Substanz t. a échantillonné la phrase suivante dans un morceau : " if you don’t like fascism, don’t play industrial music " (compilation teknoir, 1998).
http://nksinternational.free.fr/indus.html

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